en francais
en francais
  Alliance Francaise

Øêîëà  Àëüÿíñ Ôðàíñåç 
â Ñàíêò-Ïåòåðáóðãå -

êóðñû ôðàíöóçñêîãî ÿçûêà

 
191186 Ñàíêò-Ïåòåðáóðã
óë. Æóêîâñêîãî, 16
Òåë.: (812) 272 08 60
www.af.spb.ru
info@af.spb.ru
 
Rambler's Top100
 Óðîâíè è ìåæäóíàðîäíûå ñòàíäàðòû    Ãëàâíàÿ ñòðàíèöà  Êóðñû  Áþëëåòåíü  Êîíòàêòû

Äîðîãèå äðóçüÿ!

"Àëüÿíñ Ôðàíñåç" â Ïåòåðáóðãå, âîññîçäàííàÿ â 1991 ãîäó, - ýòî ÷àñòè÷êà âñåìèðíîé ñåòè Àëüÿíñîâ, ðàáîòàþùèõ â ðàçíûõ ñòðàíàõ è èìåþùèõ îáùóþ öåëü - ðàñïðîñòðàíåíèå ôðàíöóçñêîãî ÿçûêà è êóëüòóðû. Åæåãîäíî â Ïàðèæå ïðîõîäèò êîëëîêâèóì, ïîñâÿù¸ííûé ïîäâåäåíèþ èòîãîâ ðàáîòû ìíîãî÷èñëåííûõ Àëüÿíñîâ çà ãîä.

Ìû ïðåäëàãàåì âàøåìó âíèìàíèþ ðå÷ü ãåíåðàëüíîãî ñåêðåòàðÿ Àëüÿíñ Ôðàíñåç â Ïàðèæå, ïðîèçíåñ¸ííóþ 27 ÿíâàðÿ ýòîãî ãîäà. Íàäååìñÿ, ÷òî âàñ, òàêæå êàê è íàñ, ïðåïîäàâàòåëåé "Àëüÿíñ Ôðàíñåç", ïîðàäóåò òî, ÷òî íàøè óñïåõè è íàøå ïðîöâåòàíèå íå îñòàëèñü áåç âíèìàíèÿ ôðàíöóçñêèõ êîëëåã. Ìû ïîçâîëèì ñåáå ñ ãîðäîñòüþ äîáàâèòü, ÷òî Øêîëà "Àëüÿíñ Ôðàíñåç â Ïåòåðáóðãå" áûëà è îñòà¸òñÿ ñàìîé êðóïíîé è ñàìîé ïîïóëÿðíîé øêîëîé ôðàíöóçñêîãî ÿçûêà â Ðîññèè.

Colloque 2006 de l’Alliance française de Paris

Allocution du Secrétaire général M. Jean-Claude Jacq

Chers Amis,

Le Président vous a dit l’essentiel de ce qui nous occupe aujourd’hui à Paris: ce grand projet de fondation, qui donnera un nouvel élan à notre institution, la refonte de l’accord d’entreprise, et l’indispensable réforme de l’Ecole. J’emprunterai donc pour ma part quelques chemins de traverse pour évoquer notre présent et notre avenir.

Vous savez, dans ma famille, on est très tatouage – sauf ma mère. Mon père, c’est le genre classique, des cœurs et des bateaux ; mon frangin, il est tendance chinois, façon dragon. Mon style à moi, c’est tribal évolutif. Ces mots, je les ai entendus sur une radio de nuit, prononcés par une jeune fille très sympathique. C’est magnifique, non ? Si quelqu’un ici est tatoué tendance chinois, façon dragon, qu’il se lève, et qu’il nous montre !

Mais j’admire surtout tribal évolutif… Certains diront, non sans malice, que c’est une bonne définition de l’Alliance française… Mais c’est tout désigné, me semble-t-il, pour ouvrir un colloque voué à la diversité culturelle. Encore qu’on soit là dans un culturel de type communautariste, ou transversal. Nous en parlerons sans doute demain à l’Unesco. Mais pourquoi ce choix ? En quoi la diversité culturelle intéresse-t-elle notre action ?

Ils voyaient un frère en tout homme, disait Jules Verne des grands navigateurs du XVIIIème siècle. Loin des massacres perpétrés par les Conquérants du Nouveau Monde, ces marins férus d’honneur et ces savants en binocles et gilet découvraient dans le Pacifique des humains, qu’ils trouvaient certes exotiques, comme eux-mêmes se doutaient bien qu’ils devaient apparaître à leurs hôtes, exotiques mais semblables, nos semblables. Bougainville, Duplessis, La Pérouse, et leurs homologues anglais, comme Wallis ou James Cook, sans le savoir ont posé les fondements de l’idéologie des Droits de l’Homme. C’est eux qui ont ouvert la porte à l’idée de diversité culturelle. Bien sûr, nous avons appris depuis que des frères peuvent s’opposer férocement, et que le sens du partage entre les hommes se résume souvent à : Tout le monde aura sa part de glaçons, les riches en été, et les pauvres en hiver.

Ce début de siècle que nous vivons a quelque chose de crépusculaire. Quelqu’un parlait récemment d’une sorte de barbarie mélancolique. L’économie transforme le monde, mais le transforme seulement en monde de l’économie, disait Debord. Tout se passe comme si au fur et à mesure que la mondialisation uniformisatrice progresse dans les faits, le prurit identitaire, la peur de l’autre, gagnent les esprits.

Certes le partage culturel et l’amour des langues ne pourront résoudre à eux seuls les difficultés du temps. Mais nos vies ne valent que par le pari qu’elles font. En nous consacrant à l’Alliance, nous avons tous fait celui de devenir citoyens du monde tout en restant paysans du cru, de notre cru. Nous ne nous bornons pas au respect de l’autre, qui n’est souvent que la forme politiquement correcte de l’indifférence, mais nous sommes curieux de chercher avec lui des réponses à nos angoisses, des raisons inédites d’apprécier la vie.

Mais comme aimait à dire un ancien Premier ministre quand il était aux affaires: “ Il faut éviter de s’embourber dans les hauteurs. ”

Il n’empêche que ceux qui débarquent à Paris, dans cet hiver 2006, peuvent avoir le sentiment que la France se vautre dans l’amertume du déclin. On pense ici qu’elle ne fait plus rêver. Pire pour le Français, qui est de tempérament messianique au moins autant que l’Américain, on prétend que l’influence de la France décroît, et que sa voix n’est plus entendue. Ce n’était pas ce que disaient nos journaux lors de la guerre en Irak. On éprouvait alors une certaine tendresse pour ce fichu pays agitateur. Depuis, on parle moins de nous, et la France est un peu comme Chateaubriand qui, lorsqu’il n’entendait pas parler de lui, pensait qu’il devenait sourd. La réalité est plus nuancée.

Une université américaine, celle du Maryland, a réalisé un sondage sur l’influence politique dans 23 pays. Il apparaît que la France est de toutes les grandes et moyennes puissances celle qui jouit de l’image la plus positive : 21 pays sur les 23 sondés en ont une appréciation favorable (dans les deux qui sont d’avis contraire, il y a les Etats-Unis).

Le classement de Forbes sur les plus grandes entreprises du monde plaçait en 2003 la France au 2ème rang derrière les Etats-Unis, assez loin derrière mais quand même : 34 des 400 premières firmes mondiales sont d'origine française. La France était le 2ème destinataire d'investissements étrangers directs, juste après la Chine, et aussi la 3ème industrie militaire du monde, ce qui est moins flatteur…

Enfin, en matière de formation, la France occupe le 3ème rang mondial pour le nombre d’étudiants étrangers accueillis dans nos universités, à égalité avec le voisin allemand.

Bien sûr, son influence n’est plus celle qu’elle a connue dans les siècles précédents. Mais la France est un des seuls pays de la planète qui a gardé la mémoire et comme l’instinct de ce qu’est la liberté, de ce qu’est l’esprit de société, qui a gardé l’idée de ce que peut être l’amour entre hommes et femmes égaux et qui ne se font pas la guerre. Et sans l’amour, la liberté et l’esprit, à quoi cela sert-il d’acheter des mobiles multimédia, des IP3, des congélateurs et des 4x4 ?

Quant à l’affection qu’on porte à notre langue, et je pense qu’elle la mérite encore, je ne citerai qu’un mot entendu cette année. A Varna, en Bulgarie, le maire nous reçoit devant de jeunes journalistes. Il nous dit, par voie d’interprète, qu’il a fait allemand à l’école et qu’il regrette de ne pas parler français. Car, ajoute-t-il, j’ai appris de Thomas Mann – et il le cite - que “ Parler français, c’est plus que parler… ”. On ne peut être plus aimable… Nous avons écrasé furtivement une larme patriotique.

Le dynamisme de notre réseau, cette année, s’est manifesté de 5 façons (comme diraient nos amis chinois, ce sont “ les 5 voies de la progression implacable de l’Alliance française ”…) : créations, activité immobilière, hausse des effectifs, regain de formation et de coopération. Cela paraît rébarbatif, j’en conviens, mais je vais juste vous donner quelques exemples.

Année fertile en créations : sur le continent américain, c’est l'Alliance de Lafayette en Louisiane, avec sa spécificité cajun, et celle de Manchester dans le New Hampshire. Au Mexique, c’est Nogales, Cancun et Playa del Carmen. En Argentine, l’annexe de Neuquen. Au Chili, pas moins de dix Alliances ont vu le jour, dont sept par transformation d’instituts franco-chiliens qui ont rejoint notre mouvement. Un poste de délégué général a même été créé, grâce à l’appui du ministère, pour assurer le développement de ce jeune réseau. Enfin, en Colombie, une délégation générale a été rétablie, après celle du Pérou en 2004.

En Chine, l’Alliance de Paris et les universités chinoises ont créé les Alliances de Xian et de Dalian (petites villes de 2 millions d’habitants…). En Albanie est née l’Alliance de Tirana et au Kenya, enfin, l’Alliance a absorbé le centre culturel français de Nairobi.

* * * * *

L’immobilier ? “ Quand le bâtiment va, tout va… ”, vous connaissez la formule. L’année 2005 a, de ce point de vue, battu des records historiques, grâce aux efforts conjugués des Alliances et du ministère des Affaires étrangères. En effet, c’est la plus forte subvention globale que ce dernier nous a attribuée sur les 12 dernières années (2,8 Mˆ). C’est ainsi qu’on a restauré les locaux de Pretoria, de Santiago de Cuba, de Jacmel à Haïti, de Maseru au Lesotho, de Kandy au Sri Lanka, qu’on a mis aux normes les installations de Buenos Aires, qu’on a acquis des espaces nouveaux au Cap, à Karachi, construit à Lima, engagé une ambitieuse refonte du bâtiment de l’Alliance à New York, pour laquelle son énergique et persuasive directrice a su mobiliser des fonds privés. C’est ainsi que j’ai eu l’honneur d’inaugurer avec les deux ministres colombiennes de l’Education et de la Culture un nouveau siège superbe à Bogota, c’est ainsi qu’on construit une nouvelle Alliance à Miami, et qu’on a investi à Zagreb et à Auckland, pour ne citer que les opérations les plus significatives. Signalons que grâce à la solidarité manifestée par le réseau, l’Alliance de La Grenade, dévastée par un ouragan, pourra rouvrir le mois prochain.

* * * * *

Le nombre de postes de détachés a été divisé par deux en 15 ans (il faut savoir qu’en 2005, 13 postes ont encore été supprimés) : cela rend indispensable un effort durable de formation. La direction de la coopération culturelle et du français a lancé depuis 2004 un plan d’envergure “ Le français à la conquête de nouveaux publics ”, dont ont pu bénéficier de nombreuses Alliances, et nous avons, pour notre part, reçu une subvention exceptionnelle de 300 000 ˆ du ministère, destinée à former des cadres recrutés locaux et des enseignants. Vous avez pu ainsi monter des projets. 13 ont été retenus, touchant 26 pays, et tous se sont déroulés à la satisfaction générale. Cette action essentielle devrait se poursuivre cette année. Je salue au passage la formation de Responsables des cours organisée ici par l’Ecole, qui a été plébiscitée, le mot n’est pas trop fort, par les Alliances qui en ont bénéficié.

* * * * *

Les effectifs d’étudiants ont poursuivi, en général, leur croissance, en particulier en Europe orientale et en Asie. Les Alliances de Russie sont en pleine expansion, et celles de Chine continentale ont progressé de 19% ! La Chine, avec 19 000 étudiants, talonne à présent le dynamique réseau indien (22 500 étudiants), et plus loin, celui des Etats-Unis, qui compte 20 000 étudiants. Après le funeste passage de l’ouragan Katrina, fédération et délégation ont lancé une collecte de fonds, qui permettra de restaurer l’Alliance de la Nouvelle Orléans. Quant au Canada, en progression régulière, il a fêté cette année le centenaire de l’Alliance d’Ottawa.

Le beau réseau sud-américain poursuit une croissance qui varie entre 4% et 5% comme en Argentine, en Colombie ou en Bolivie. Le Mexique reste le premier réseau du monde à présent quasi à égalité avec le Brésil, qui progresse nettement, comme le Pérou, le Honduras, le Nicaragua, le Paraguay et l’Uruguay.

L’Europe (hors Russie) est en fait le seul continent où nous connaissons une nette décrue : - 15% d’étudiants ! Les Alliances de France, sans aller jusque là, n’échappent pas (comme l‘Alliance de Paris d’ailleurs), à ce mouvement général. Elles ont réagi en développant un vrai travail de réseau, et en créant un site portail que je recommande à nos collègues de l’étranger. Heureusement, nous enregistrons des progrès sensibles en Bulgarie, Moldavie, Tchéquie, Croatie, qui sauvent l’honneur, ainsi qu’à Dublin et Lisbonne.

Reste ce contraste entre le réseau européen et les autres régions du monde, qui est préoccupant. Plusieurs Alliances ont déjà pris des initiatives pour aligner leur offre sur les normes européennes de qualité et affronter une concurrence plus vive peut-être qu’ailleurs. Il faudra cependant prévoir une réunion des délégués généraux d’Europe pour trouver les moyens d’inverser durablement la tendance. Nous allons prospecter deux nouveaux pays en 2006 : l’Allemagne, où les difficultés budgétaires ont contraint le ministère à fermer un certain nombre de centres culturels français, et la Turquie, où je me rends dès la semaine prochaine pour rencontrer des personnalités locales désireuses d’ouvrir des Alliances.

Enfin, le réseau africain, lui, se porte plutôt bien, avec un taux moyen de progression de 5%. En Afrique du Sud, le nombre d'étudiants en entreprises a même été multiplié par 5 ! Le Nigeria a fortement progressé, comme Madagascar, la Mauritanie, le Kenya, la République centrafricaine, avec partout un développement marqué des cours en entreprises et des formations spécifiques. Notre prochain objectif sur le continent est le Mali.

Le dernier recensement a permis d’établir un classement des dix plus grandes Alliances, sur la base – imparfaite - du nombre d’étudiants différents. Cela donne en tête Paris, puis Lima, Bogota, Mexico, Bruxelles, Sao Paulo, Toronto, Tananarive, Hong Kong et Rio de Janeiro. On constate que 6 Alliances sur 10 appartiennent au continent américain, 2 sont en Europe, 1 en Asie et 1 en Afrique.

L’exercice bien sûr a ses limites. Je ne suis pas fanatique des compétitions. Je pense à ce shah de Perse qu’on voulait entraîner à un derby et qui répondit : “ A quoi bon ? Je sais bien qu’un cheval peut courir plus vite qu’un autre. Il m’est indifférent de savoir lequel. ”

* * * * *

L’important est la richesse de vos initiatives. Or les Alliances sont toujours davantage de véritables centres culturels et relais de coopération.

Non seulement vous collaborez avec nos partenaires francophones, la communauté wallonne, les Suisses de Pro Helvétia, les délégations du Québec à l’étranger, mais aussi avec nos partenaires européens, en particulier le Goethe Institut. Je suis très heureux de constater que les rencontres et les opérations transfrontalières se multiplient entre pays voisins : la Pologne a accueilli les Alliances tchèques et ukrainiennes ; Bulgares et Roumains travaillent ensemble ; les concours de chanson francophone rapprochent les Pays-Bas, l’Irlande et la Bulgarie sur un même projet.

Ces coopérations sont de plus en plus diverses : festival de musique éthiopienne, arts plastiques en Afrique du sud ou en Colombie, fête des cultures en Mauritanie, photographie dans l’Océan indien, expo Chagall en Hongrie, conférences et débats en Amérique du nord, jazz au Mexique ou à Sainte-Lucie et cinéma un peu partout, tournée d’écrivains et de chorégraphes en Inde, mais aussi formation professionnelle à Bangkok, qui fête les 35 ans de son école de haute couture, ou coopération agricole et protection de l’environnement à Madagascar, comme le montre un film récent de Marie-France Brière que nous verrons jeudi.

* * * * *

Que vous dire d’autre ? Que malgré le travail harassant, presque bestial, qui est le nôtre à Paris, nous avons vécu et y avons pris plaisir. Car comme disait Saint Augustin: “ O Seigneur, donnez-moi la tempérance et la chasteté, mais pas tout de suite ! ”

Vous avez largement contribué à ce plaisir. Je voudrais remercier tous ceux, présidents et présidentes, directeurs et directrices, délégués généraux, qui m’ont accueilli en 2005, ainsi qu’Alain Marquer, bien sûr, et Bruno Simonin, Odile Cobacho, Isabelle Normand, ainsi que tous les formateurs de l’Alliance de Paris. Partout, nous avons trouvé une amicale et délicate hospitalité, avec le sentiment gratifiant de posséder comme une famille universelle.

Il paraît que dans la Grèce ancienne, les amants échangeaient une couronne de roses et une pomme dans laquelle ils avaient mordu. Que ce colloque soit la pomme dans laquelle nous allons mordre ensemble. Et puis, nous pouvons y aller sans crainte : les colloques de l’Alliance, c’est un vice impuni.

["Ïåòåðáóðã ãîâîðèò ïî-ôðàíöóçñêè" ]     [ Øêîëà Àëüÿíñ Ôðàíñåç ]     [Ïèøèòå íàì ]